"旅立つときはいつだって、出発の際ごくかすかな苦悩に胸を締めつけられるのだが、その苦悩はときに甘美な興奮の震えを伴うこともある。というのも旅には死--あるいはセックス--の可能性がつきものだとわかっているからだ(もちろんいずれの可能性もごく低いには違いないが、とはいえ完全に除外して考えるわけにもいかない)。"--ジャン=フィリップ・トゥーサン『セルフポートレート』より
トゥーサンは、自身の作品をもとに映画を撮り、さまざまなところで写真を撮り、発表してきましたが、ぼくにとっても、写真を撮ることは、彼の2002年の小説『愛しあう』に近いところがあるような気がします。愛を終わらせるために東京・京都への旅をするところなどは、とても感じるものがあります。それはぼくがヴィリニュスで似たような経験をしたから、ということによるものではなく、その文体がそもそもとても(ぼくの考える)「写真」というものに近いからではないかと思います。
以前挙げた『カメラ』などに比べると、『愛し合う』とその続編『逃げる』は驚くほどロマンチックな小説になっているのですが、とはいえ過剰な心理描写を嫌い、ミニマルな表現をしてきた彼のこと、そこはあくまでも彼らしく、流れるような文章に表れる、ゆるやかに奥底に佇む温度が、否応なく写真的であるように思えました。『逃げる』は2005年のメディシス賞を受賞しており、ぼくは日本語ですでに読みましたが、紀伊国屋で20%オフだったので、フランス語版の原書を買いました。文学はつまるところ文体である、という当たり前のようなことを気づかせてもらいました。写真は旅と親和性がいい、というのは定説ですが、それは生(性)と死のわずか前(もしくはわずか後)に画像を残すという作業に、その理由があるのではないかと思います。
Je crois que la phorographie est une de meillerures manières de voir la
réalité du monde actuel. En effet, ma pratique de la photographie a
débuté au cours de plusieurs voyages effectués ces 3 dernieres années.
Ceux-ci m'ont permis de développer mes réflexions autour du thème
"capture de la réalité" ; en quête de scène du quotidien je me suis
laissé diriger au grès des rencontres, d'abord au Japon puis en Estonie
et Lituanie... Ce modèle isolé, captait mon attention, dans son
attitude passive comme absente, se laissant photographier dans sa
propre vie. Cette femme jouait le jeu du " modèle naturel " faisant
preuve à la fois de distance et de proximité dans une intimité partagée.
Je dévoile à travers mes clichés une certaine intinimité partagée avec
le modèle. Mais la capture rapide des scènes quotidiennes traduisent
assez peu de choses. Une grande part de mystère est conservée. C'est
cette narration là qui m'intéresse ; les regards posés ailleurs par mon
modèle amène le spectateur au delà même de l'espace photographique. Je
révèle la notion d'absence dans lles clichés, pour laisser libre place
à l'interprétation du spectateur. Tel un enquêteur, je l'invite à se
raconter des histoires : reconstituer l'espace temps manquant en
recréant une chronologie dans le visuel. D'où l'importance des objets
dans mon travail, ils deviennent soit de véritable attributs soit des
indices d'une action passé, ou peut être future. On s'interroge
soudainement sur ce qui est réel et de ce qui ne l'est pas. Le
spectateur a la sensation de partager une intimité avec le modèle mais
aussi de s'être infiltré dans un jeu de regard entre le photographe et
son modèle. Cette intrusion ramène le doute entre la réalité et la
fiction. Le choix esthétique que j'ai fait ensuite (aspect flouté, hors
cadre....) et l'utilisation de la lumière blanche de l'Estonie et la
Lituanie par exemple, permettent une intemporalité et inscrivent alors
un aspect superficiel aux différentes scènes qui se voulaient être du
domaine du réel, mais qui finalement paraissent alors comme en suspend,
impalpable.