Je crois que la phorographie est une de meillerures manières de voir la
réalité du monde actuel. En effet, ma pratique de la photographie a
débuté au cours de plusieurs voyages effectués ces 3 dernieres années.
Ceux-ci m'ont permis de développer mes réflexions autour du thème
"capture de la réalité" ; en quête de scène du quotidien je me suis
laissé diriger au grès des rencontres, d'abord au Japon puis en Estonie
et Lituanie... Ce modèle isolé, captait mon attention, dans son
attitude passive comme absente, se laissant photographier dans sa
propre vie. Cette femme jouait le jeu du " modèle naturel " faisant
preuve à la fois de distance et de proximité dans une intimité partagée.
Je dévoile à travers mes clichés une certaine intinimité partagée avec
le modèle. Mais la capture rapide des scènes quotidiennes traduisent
assez peu de choses. Une grande part de mystère est conservée. C'est
cette narration là qui m'intéresse ; les regards posés ailleurs par mon
modèle amène le spectateur au delà même de l'espace photographique. Je
révèle la notion d'absence dans lles clichés, pour laisser libre place
à l'interprétation du spectateur. Tel un enquêteur, je l'invite à se
raconter des histoires : reconstituer l'espace temps manquant en
recréant une chronologie dans le visuel. D'où l'importance des objets
dans mon travail, ils deviennent soit de véritable attributs soit des
indices d'une action passé, ou peut être future. On s'interroge
soudainement sur ce qui est réel et de ce qui ne l'est pas. Le
spectateur a la sensation de partager une intimité avec le modèle mais
aussi de s'être infiltré dans un jeu de regard entre le photographe et
son modèle. Cette intrusion ramène le doute entre la réalité et la
fiction. Le choix esthétique que j'ai fait ensuite (aspect flouté, hors
cadre....) et l'utilisation de la lumière blanche de l'Estonie et la
Lituanie par exemple, permettent une intemporalité et inscrivent alors
un aspect superficiel aux différentes scènes qui se voulaient être du
domaine du réel, mais qui finalement paraissent alors comme en suspend,
impalpable.